Commune de Béguey (canton de Cadillac - Gironde)

Mairie de Béguey
31 chemin de la Fabrique
33410 BEGUEY

Tél. : 05 56 62 95 36
Fax : 05 56 76 94 06

Contacter la mairie

Origine du nom

L’origine du nom de notre village remonte-t-elle à la nuit des temps ?

Après la conquête romaine, les peuples s’empressèrent d’adopter le régime foncier des envahisseurs et donner des noms latins, avec un suffixe celtique. Si le propriétaire se nommait Nervius, son domaine s’appelait Nerviacius Fundus, pour devenir, selon les prononciations locales Nérac. Le premier nom de notre village est donc très ancien. Il a été transcrit de divers façons : Nierac - Nérac - Nayrac - Nérack puis Neyrac.

A l’invasion romaine succéda le christianisme.
Dans chaque village converti, furent érigés croix et clocher, désigné par le nom d’un saint patron. C’est ainsi que Neyrac devint Saint Saturnin de Neyrac.

Déjà au XIIIe siècle, Saint Saturnin est mentionné sur la liste officielle des paroisses [1] du diocèse de Bordeaux, en Benauge.
Le témoignage d’un voyageur, Abraham Golnitz, fait état dans une de ses notes de voyage de 1638, qu’il s’était restauré dans une auberge près de la Garonne, située en dehors d’une enceinte fortifiée, dans un lieu appelé Bigui, où l’on trouvait des voitures de louage. Cette auberge aurait porté l’enseigne « Lou Bigay », à cause d’un coq qui surmontait une croix à proximité de l’établissement.

Pourtant, le nom de Béguey existait déjà au XVe siècle puisqu’en 1410, une trêve fut signée à Béguey (trêve de Noël, pendant la guerre de Cent ans), entre les représentants de la France et de l’Angleterre, au château de Béguey édifié sur l’emplacement du Peyrat.
Ce château était sans doute la résidence du viguier Viguier [2] de Cadillac. Ce mot viguier a été orthographié de façons différentes, selon les époques. Son origine latine est « Vigerius », d’où les orthographes changeantes. Le seigneur de Neyrac remplissait donc les fonctions de viguier auprès du seigneur de Cadillac.

Selon divers récits, la paroisse de Neyrac est donnée comme un lieu où il faisait bon vivre : « le sol y est fécond, le soleil gai, la Garonne radieuse… un coteau rocheux aux multiples avantages. Au lieu nommé Béguey se trouvait un important filon de pierre utilisable pour la bâtisse ».
Il est évident que la construction du château d’Epernon a participé au développement de la paroisse et au déplacement de son centre, au XVIIe siècle.

Si les notaires royaux n’ont admis que la formule « paroisse de Neyrac », sous la poussée du peuple, les curés et les notaires adoptèrent dès cette époque, la formule « paroisse de Neyrac autrement Béguey ». Cette concession sur le nom du village fut confirmée à la Révolution. A partir de 1789, Neyrac appartint à l’Ancien Régime et il n’en fut jamais plus fait mention dans les registres officiels.
Le nom Béguey s’imposa à tout jamais.

Dans les archives départementales, Béguey serait l’ancien nom du pays au lieu dit « Terres de Cormanes » c’est à dire « Aux anciennes carrières ».
Que d’interrogations a suscité ce nom !

Certains racontent même qu’un quartier du village aurait été surnommé Béguey (mot patois pour coq) à cause d’une importante basse-cour qui s’y trouvait. Comme, d’ailleurs, existait un autre quartier nommé « Guit »(mot patois pour canard), en raison d’un élevage de canards aux alentours.

Après tous ces témoignages, le nom Béguey montre combien il a laissé de place aux supputations et à l’imagination.

Reprenons ce voyage à travers le temps, l’évolution de la langue, les témoignages ainsi que les écrits des archives départementales :

JPEG (144.8 ko)

NERVVIACIUS - NEYRAC -
SAINT-SATURNIN de NEYRAC - VIGUIER - BIGUIER -
BIGUI - BAGAY -
PAROISSE de NEYRAC autrement BEGUEY - BEGUEY

Aujourd’hui, la commune de Béguey est symbolisée par le coq “lou beguey”.

Comme l’énonçait Pierre Laffitte, natif de Béguey :
« Le coq... est aussi le symbole de la vaillance, comme de la galanterie... Oui, Messieurs, je suis de Béguey et je m’en fais gloire ! »

Notes

[1] En dehors des villes, au statut particulier, la paroisse était, jusqu’à la Révolution, l’entité de base du royaume. Elle était la circonscription.

La Révolution transforma les paroisses en communes, avec des territoires et des populations identiques : 41000 communes furent créées au lieu des 60000 paroisses de l’Ancien Régime. Actuellement,90% des communes ont gardé la même taille que celle décidée à la Révolution.

[2] (du latin Vicarius)
Dans le sud de la France, juge qui rendait la justice au nom d’un comte ou d’un seigneur.
Les variantes d’écriture de Viguier sont :
viguere (le v et le b étant proches en prononciation), à cette période, on peut y voir Biguere puis Begueyre.
Il convient aussi de rappeler qu’en phonétique biγ’εj signifie viguier.( bases de données linguistiques du Thesaurus Thesoc)

Plan du site | Mentions légales